World ends this afternoon...

Le canyon de la mort, Vincent

Jon Simpson's tale

A tale from Jon Simpson

Hey petit ! Qu’est-ce tu m’veux ? Pourquoi que tu m’regardes comme ça ? J’ai d’la merde coincée entre les dents, c’est ça ?

Oh et puis, tu sais quoi ? Je vais te raconter une histoire. Mais pas une de celle que ta mère te racontais quand tu pissais encore dans ton lit pour t’endormir, nan. Plutôt une de celle qu’on ne devrait jamais entendre. Et tu sais quoi ? Parce qu’elle est vraie. Ouaip mon gars ! Tout à fait ! Elle est vraie comme toi et moi et comme ton stupide cabot. Aussi vrai que je respire et que le soleil se couche pour se lever chaque matin.

J’m’appelle Jon Simpson. Je sais pas si t’as entendu parler de moi. J’suis chasseur de prime. Enfin… J’essaye… Quand j’étais tout petiot, j’étais plus vieux que toi à l’époque, j’ai voulu apprendre à jouer aux cartes. Je voulais avoir l’air d’un dur, t’vois ? J’trainais parfois du côté du saloon. Un jour, à l’épicerie, j’ai trouvé un bouquin pour apprendre les cartes. Je l’ai acheté avec mon argent d’poche. J’ai passé mes nuits à le lire de long, en large et en travers. Pis un jour, je m’suis rendu compte qu’il parlait pas de cartes. Enfin si mais pas vraiment. Disons qu’il expliquait pas vraiment comme les utiliser de la façon qu’un bon chrétien devrait savoir jouer avec.

Quoi ? Qu’est-ce t’as à m’regarder avec ta tête d’ahuri ? Tu dis qu’un bon chrétien ne devrait pas jouer ? J’t’ai pas d’mandé ton avis p’tit merdeux.

Bon, j’en étais où ? Ah ouais. J’disais que le livre avait ses propres secrets. J’ai mis un bout de temps avant de comprendre de quoi il retournait. Mais quand j’ai su, j’en ai chié dans mes pantalons. Foi de Simpson ! C’était un livre de magie, mon gars. Oh mais vas-y ris donc si ça t’amuse, fous-toi de ma gueule mais il n’empêche que j’te raconte pas d’cracks. En fait, les cartes étaient un moyen de faire appel aux forces des ténèbres pour qu’ils fassent c’que tu veux. J’te passe les détails, c’est trop compliqué pour ta p’tite tête d’attardé. Quand j’m’en suis rendu compte, j’ai voulu tester, pour voir c’que ça faisait, t’vois ? Ah bah ils m’ont pas raté ces p’tits fumiers ! Pour piocher la mauvaise carte, ça j’ai pioché la mauvaise carte. J’me suis r’trouvé avec un manitou, c’comme ça qu’les rouges appellent les démons, au cul. J’crois qu’l’enfer c’est rien en comparaison de c’qui m’est arrivé à c’moment là. Quand j’lai vu le truc là, le manitou, j’ai détallé comme un rat. Mais ça servait à rien, il m’a rattrapé. J’avais beau courir, il était toujours derrière moi. C’était la nuit, t’vois, et mes darrons, ils m’ont toujours dit que la nuit, les démons sont plus forts. Bah croit moi, c’est vrai ! Ce fils de Satan a réclamé mon âme. J’lui ai dit qu’elle était à moi mais il a rien voulu savoir. Mais les démons adorent jouer. J’crois qu’c’est pour ça que les curetons aiment pas qu’on joue : c’est un truc de diable. Du coup, comme j’étais pas con à l’époque, j’lui ai proposé de la jouer aux cartes. Si je gagnais, il me laissait tranquille et si j’perdais, il pouvait prendre mon âme. Je sais pas comment j’ai fais, ça d’vait être la chance du débutant, mais j’ai gagné. Ouais, j’ai gagné mon âme aux cartes contre Belzébuth en personne ! La classe, non ? Mais cette engeance pourrie, il en a pas eu assez. Il est parti mais en partant, il m’a dit qu’il viendra réclamer mon âme quand j’clamserai. Depuis, J’suis maudit. Dieu a détourné son regard de sa brebis égarée, il me considère plus comme son enfant chéri. Tous des pourris. En bas comme en haut. Depuis, j’ai qu’une peur : qu’un cureton découvre mon petit secret et décide de faire un remake des sorcières de Salem version Jon Simpson. Du coup, j’me suis acheté un flingue et comme j’suis plutôt bon avec, j’ai décidé d’en faire mon métier. Mais comme j’voulais pas attirer encore plus l’?il du Malin, j’ai préféré pourchasser les bandits que d’en d’venir un. Et les petits trucs dans le bouquin de magie m’aident pas mal, ça tu me peux m’croire !

Ça c’était pour la petite histoire. Mais c’est pas c’que j’voulais t’dire. La vraie histoire, la voilà.

C’est quand tout a commencé à dégénérer. Encore plus qu’avant j’veux dire. J’me suis réveillé dans une piaule que j’connaissais pas avec trois gars que j’avais jamais vu d’ma vie et une gueule de bois monumentale. Y avait un sheriff, j’l’aime bien lui, et un pasteur, genre saint homme, lui j’le sens pas, ces gens là, ils ont toujours que’que chose à cacher, toujours. L’truc qui m’a emmerdé, c’est qu’on avait perdu nos chevaux et la moitié de nos munitions alors que je venais de les acheter ! Saloperie ! Au bout d’un moment, le cureton a trouvé un message dans une bouteille sur une table. C’était notre hôte qui disait que s’il était pas de retour à la tombée de la nuit, fallait le rejoindre en ville, à Hilliardstone qu’il a dit. Comme y f’sait bien sombre, on a préféré attendre le lever du jour pour pas tomber sur des chacals affamés. Au petit matin, on a trouvé des traces de cariole dans la poussière. On en a conclu que c’était celles de notre hôte et on les a suivi. On a fini par retrouver la route et en la suivant, on est tombé sur un charnier. Des cadavres mis en tas, bouffés par les vautours. Mais c’était pas l’pire. Ils étaient coupé en morceau ! T’imagine ça ? C’était atroce. Si t’as pas les tripes pour ce genre de spectacle, t’en fais des cauchemars, tu peux m’faire confiance. On s’est r’mis en route, le charnier était en vue de la ville donc on a pas trainé. En ville, c’était pire. L’enfer à côté, c’est le rêve. Le panneau à l’entrée de la ville indiquait « 0 habitants ». Et l’intérieur… Bon sang… Les maisons avaient l’air d’avoir brûlé, et il y avait un cas de cadavres sur la place principale. Ça puait. Une infection ! En plus, on était en plein été, on avait marché toute la journée, il y avait un soleil de plomb. Ce putain de soleil prenait un malin plaisir à chauffer les chairs putrescentes pour bien nous en mettre plein les poumons. Et les mouches, toutes ces mouches qui tournaient autour pour nous emmerder. Si j’avais mangé le matin, je crois que j’en aurais gerbé. Et j’en ai vu des trucs zarbs. Mais des comme ça, jamais. Le sheriff a voulu aller voir dans le bureau du sheriff local pour voir si le registre était à jour. Mais y avait rien. J’veux dire. Il était pas à jour. C’était une ville tranquille, aucun problème. Ceux qui ont fait ça ont été trop rapide pour que le sheriff ait l’idée de l’écrire. En même temps, il avait des foutus crevures de démons à arrêter. J’me souviens plus très bien s’il y avait un mort ici. Probablement que si. Les bandits se seront sans doute servi du pecnot qui trainait comme d’une cible pour s’entrainer. Ces foutus démons. Jamais rien vu de pareil. Parole de Jon Simpson. Le prêtre a voulu rejoindre l’imprimerie, ensuite. J’crois qu’il est imprimeur lui-même ou quelque chose comme ça. Ils avaient imprimé le journal local. Sauf que dans la presse y avait pas de papier, si tu vois où je veux en v’nir.

Hey p’tit, ça va ? T’es tout palot, t’es sûr que tu vas pas me claquer entre les pattes, hein ? Laisse moi au moins finir l’histoire avant.

Le journal local parlait d’un groupe de bandit qui sévissait dans la région. Une petite peau rouge les appelait les Démons de la Prairie. J’en avais jamais entendu parlé. On est allé à l’église ensuite. Le prêtre pensait que s’il y avait des survivants, ils se seraient réfugiés là-bas. Il a parlé d’asile, j’crois bien. Encore une connerie de cureton. Comme si ça allait empêcher ces démons de venir leur botter le cul. Ouais bah ptêtre bien parce que l’église était verrouillée de l’extérieur pour empêcher les gens rassemblés de s’enfuir et ils leur ont foutu l’feu. Atroce. On est allé à l’épicerie pour chercher des vivres. Mais elle était complètement dévalisée. Il restait rien. Même la dynamite avait été prise. On s’est rendu compte que la carriole s’était arrêtée devant et était repartie mais comme il commençait à faire nuit, on s’est dit qu’on allait rester en ville. Je sais pas qui a eu cette idée de demeuré mais il était pas fini. Le saloon, c’était la même ambiance qu’ailleurs, la glace avait été explosée et le barman avait été tué par les morceaux de miroir qui se sont fichés dans son corps. On est allé à l’étage pour trouver une chambre mais y avait les filles qui y avaient été tués. Si on voulait dormir, il fallait faire le ménage. Je crois que c’est à ce moment là qu’on a entendu des bruits de pas. Le sheriff leur a ordonné de s’montrer mais ils ont pas voulu. J’ai essayé de les poursuivre dans le couloir avec le prêtre mais le temps que je les rattrape, ils s’étaient cachés derrière le bar. J’suis allé rejoindre prévenir le sheriff et y a un des mecs qui s’est relevé pour lui lancer un couteau dans l’bide. Nous, bah, on l’a canardé quoi. Il a pas fait long feu. Le sheriff était mal en point. Les deux autres gars ont commencé à nous tirer dessus aussi. Du coup, il a fallut riposter. J’ai utilisé un peu de magie pour que ça aille plus vite. J’ai littéralement projeté l’un des deux restants contre les restes de la glace avec mon flingue. Les deux autres étaient sur le cul. Ils étaient pas habitués à voir des balles de revolver projeter les gens comme un shotgun faut dire. Le dernier larron a fini par se rendre mais quand il nous a vu, il s’est chié dessus. Il est tombé raide ce con. Le prêtre a soigné le sheriff. J’avais jamais vu ça non plus. Par imposition des mains. Comme dans la Bible. Il a dit que c’était un don de Dieu Qui se manifestait auprès de nous, quelque chose comme ça.

Après, on a fait le ménage. On a viré les morts des chambres pour nous faire une piaule tranquille. J’avais pris le premier tour de garde mais on s’est endormi comme des masses. C’est le prêtre qui nous a réveillé. Soit disant qu’il avait senti des forces maléfiques pénétrer dans le saloon. Et effectivement, y avait des bruits de pas et de grattements. Dehors, on pouvait voir des gens. Ils grognaient. La nuit était sinistre. La lune avait une teinte verdâtre et les ombres étaient longues et tranchantes. On a attendu un peu et puis on a fini par voir un prêtre apparaître par la porte. Enfin je dis prêtre mais j’aurais plutôt dire que c’était un prêtre. C’était une sorte de cadavre qui marchait. Du coup, on n’a pas demandé notre reste et on s’est barré par la fenêtre. On est monté sur le toit. Mais là, les morts ont fini par nous rejoindre, le prêtre en tête. On avait beau se défendre, il en revenait toujours. A la fin, on s’est fait bouffé et au petit matin, on s’est réveillé. Apparemment, c’était un rêve. Mais bordel, c’était tellement réaliste qu’on aurait juré que c’était vrai. En plus, on a tous fait le même rêve. On a préféré partir le plus vite possible pour suivre la carriole. Cette ville était décidément trop malsaine. Rien que d’y repenser, ça me fout les foies.

On a fini par rejoindre un fort. Mais là encore, il était vide et il y avait des cadavres partout. Mais il manquait encore des soldats. On a supposé qu’ils étaient dehors. Les traces de la carriole menaient encore vers le magasin. Mais cette fois, il restait de la bouffe. On en a pris un peu, de la viande séchée, surtout. Apparemment, le gars avait aussi pris le reste de poudre. En sortant du magasin, on s’est fait tirer dessus d’une colline voisine. On a attendu que le tireur vide son chargeur pour le rejoindre rapidement, protégés par une porte. C’est le prêtre qui avait eu l’idée. On a trouvé une nana. Elle nous tirait dessus avec un fusil à buffle. C’était une peintre et elle était muette. Elle a nous a montré ses peintures et en fait, elle avait peint le massacre. Elle a peint quand les démons ont attaqué le fort, quand le mec à la carriole est parti du fort et elle a peint un homme mort. Son mari qu’on a supposé. Le prêtre voulait qu’on la prenne avec nous. C’est c’qu’on a fait mais ça nous enchantait pas trop avec le sheriff. Elle risquait de nous ralentir. On a remonté la piste du chariot. Apparemment, il était suivi par la cavalerie. Encore que non. La muette nous avait fait comprendre que la cavalerie était partie avant que le vieux au chariot n’arrive. Ils auront dû tombé sur le massacre et seront parti à la recherche des forbans. Au bout d’un moment, les pistes se sont séparés de toute façon. On a donc suivi l’attelage. Mais il était suivi par des indiens, apparemment. D’ailleurs, on l’a retrouvé ligotté au milieu d’un village d’indien. Ils ont été assez aimable pour nous le laisser. Et là, le vieux il nous dit qu’on est mort t’vois. Nous, on tombe un peu des nues. Il nous explique qu’on voyageait ensemble, qu’on a été assassiné par un groupe de bandit et que des démons se sont emparés de notre corps pour nous faire commettre tous ces meurtres. Ptain, t’imagines ? Se rendre compte que les Démons de la Prairie, c’était nous. Tous ces morts… Enfin non, pas vraiment nous mais des démons qui se sont fait passés pour nous. Mais apparemment, notre âme n’était pas encore passée de l’autre côté et on avait encore une chance de nous en sortir. Pour ça, il nous avait fait boire une mixture. C’est pour ça qu’on s’est réveillé chez lui et que les démons en nous étaient faible. Il avait profité d’un moment de la nuit où on dormait. Et maintenant, fallait qu’on fasse sauter une espèce de puis ou je sais plus trop quoi avec la dynamite qu’il avait prise. D’après lui, c’était une porte vers l’enfer ou un truc dans l’genre. On est monté sur son chariot et il nous emmené vers cet endroit. Mais en chemin, la cavalerie avait commencé à nous rattraper. On a détalé comme on pouvait en se faisant tirer dessus… Avec les barils de poudre derrière. On en menait pas large. Mais on est arrivé où le vieux voulait nous amener. C’était une espèce de trou avec une mare tout en bas. Une mare putride et dégueulasse. On a placé la poudre fissa et au moment où on allait se barrer pour allumer la poudre, y a des morts vivants qui sont sortis de l’eau pour nous attaquer. On a commencé à s’enfuir et à atteindre le chariot mais les morts nous talonnaient. Le sheriff a réussi à faire exploser la poudre et à faire sauter le coin mais les cadavres qui avaient réussi à nous rattraper étaient encore vivant. On a fini par s’en débarrasser, même si le prêtre s’était pris un tir de ma part. Ce con s’était foutu entre moi et ma cible. Faut être demeuré aussi…

Voilà mon histoire. Ça t’a plus gamin ? Hey gamin, ça va pas ? T’as perdu tes couleurs ? Tu me crois pas ? Tu crois que j’te raconte des bobards ? Bah comme tu veux. Si ça peut te permettre de dormir la nuit… Allez, en parlant de ça, la nuit tombe, va donc rejoindre ta mère avant que les monstres de la nuit ne t’attrapent.

Comments

Comme pour Gaël, très chouette résumé, ça vaut bien aussi quelques pépites avant le prochain scénario.

Le canyon de la mort, Vincent
Dr_Bueno

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